L’autre fleur qui piège le Sphinx colibri

Je suis actuellement en Touraine, et dans mon jardin, voilà plusieurs fois que je dois très délicatement dégager la trompe d’un Sphinx colibri coincé au fond d’une fleur (que je vous joins – affichée ci-dessous).
Je le vois agiter fortement la fleur, et lorsque je prends cette fleur dans la main, je m’aperçois qu’il ne peut s’en dégager. Comment cela se fait-il ? Que se passerait-il si je le laissais ?

Nicole, Château-La-Vallière (37)

La fleur que vous nous envoyez est visiblement l’Onagre (Oenothera speciosa), originaire du nord du Mexique, et couramment utilisée comme plante couvre-sol d’ornement.

Le fait qu’elle piège parfois des papillons (notamment le Sphinx colibri) a déjà été observé. Par exemple, la revue de la FRAPNA Drôme a publié en 2001 l’alerte d’un particulier, car cette plante (très belle par ailleurs) s’est installée sur les berges artificialisées du Rhône et y piège beaucoup de Moro-sphinx. Étant donné que les populations de ce papillon sont dans nos régions renforcées chaque année par de nouvelles générations venues d’Afrique, l’espèce ne paraît guère en danger. Mais cette plante serait à déconseiller aux jardiniers, paysagistes et aménageurs, malgré le charme indéniable de ses grandes fleurs rose tendre.

La Hulotte n’a pas élucidé pour l’instant le mécanisme par lequel l’Onagre piège les papillons. Dans le cas de la “plante cruelle” Araujia sericifera (voir le bonus du n° 86 à télécharger gratuitement), la trompe des papillons reste coincée dans un dispositif prévu initialement pour forcer les insectes à repartir avec leurs sacs à pollen, alias pollinies.

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